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2016 - 2018

Conférence-débat radiodiffusée sur quatre radios communautaires en direct et en synergie sur les préparatifs à la présidentielle d’août 2017, tenue à Bugesera/Mayange, 25 mai 2017

1. Rappel
L’Institut Panos Grands Lacs (IPGL), le Réseau des Radios Communautaires du Rwanda (RCRN) sont deux partenaires engagés dans l’exécution du projet : ″ Election, Medias  Société civile pour la démocratie au Rwanda̎ (ELMS), financé par l’Union Européenne. Ils militent pour  la promotion de la gouvernance  et de la démocratie participative au Rwanda par le bais des conférence-débats organisées dans tout le pays.

Le grand apport  conjoint de l’IPGL et  de RCRN pour les assises de la gouvernance et de la démocratie participative au Rwanda, consiste à regrouper les radios communautaires Izuba de Ngoma (Province de l’Est), Isangano de Karongi (Province de l’Ouest), Ishingiro de Gicumbi (Province du Nord) et Huguka de Muhanga (Province du Sud) dans un cadre de synergie pour la diffusion en direct de ces conférences-débats. La population s’y exprime librement sur la mise en exécution de différents programmes du gouvernement et elle émet des recommandions. A ce niveau, l’IPGL et le RCRN joue le rôle  intermédiaire entre  la population et le pouvoir exécutif.
C’est  dans cet esprit du projet ELMS que l’IPGL en collaboration avec le RCRN,  a organisé jeudi 25 mai, une conférence-débat dans  le district de Bugesera, sud-est (secteur administratif de Mayange), articulée sur ″Les droits et devoir des citoyens rwandais dans le processus en cours de  l’élection présidentielle d’août 2017″.
Never Again-Rwanda, une ONG locale, s’est jointe à l’IPGL et le RCRN en qualité d’un partenaire pour la diffusion des résultats d’une enquête sur la participation citoyenne au Rwanda.

2. Description du lieu
La localité de Mayange se trouve dans le district administratif de Bugesera, localisé au sud-est du pays. Elle est à quelques cinquante kilomètres sur la frontière avec le Burundi, battue sur une large plaine dont les arbres  donnent au paysage  une beauté magnifique.
La population vit essentiellement de l’agriculture, mais aussi du petit commerce. Le secteur administratif de Mayange dispose de plusieurs infrastructures, en occurrence l’eau et l’électricité à côté d’une route asphaltée qui le relie au Burundi au sud et à Kigali au nord.
Les″Kigalois″ qui ont mal à mener leur vie financière stable dans la capitale, viennent nombreux pour habiter la circonscription de Mayange, vu qu’elle détient encore des parcelles à coût relativement moins chers.
Aux  alentours, on y voit des débits de boisson qui prolifèrent. Les titulaires sont  principalement  des commerçants en provenance de Kigali, qui s’y positionnent pour le fait qu’un aéroport international  y sera construit  dans les jours à venir.
La localité de Mayange n’est pas loin de Kigali. Certains individus travaillent à Kigali pour rentrer chez soi à Mayange, le soir. Il leur faut entre  45 minutes et une heure pour arriver à destination (à bord d’une voiture).
A travers les discussions, on ose croire que d’ici peu de temps, le secteur administratif de Mayange sera développé au même pied d’égalité que Kigali, vu ses potentialités économiques d’abriter un aéroport  tout proche de lui et sa localisation géographique à mi-chemin  entre la capitale  Kigali et le Burundi.
La population de Mayange est éveillée et instruite.  Elle participe activement aux activités  publiques pour son développement. Quant aux différents programmes  de développement de l’Etat,  elle s’y exprime librement, aussi bien pendant les travaux communautaires″ Umuganda″ que pendant les consultations publiques. La  présente conférence-débat en est une illustration convaincante.

3. Déroulement de la Conférence-débat
Entre 800 et  1000 personnes, jeunes et vieux, hommes et femmes, ont répondu au rendez-vous de la conférence-débat de ce jeudi 25 mai dans le district administratif de Bugesera, plus précisément dans son secteur administratif de Mayange dans la cellule administrative de MBYO.
Les journalistes enthousiasmés de la radio Izuba, ont su  maintenir durant longtemps, cette foule qui était à la merci du soleil accablant de juin à septembre. Les premiers moments de la conférence-débat ont été marqués par une démonstration musicale, exécutée par des stars femmes journalistes de la radio Izuba. Celles-ci, avaient transformé le lieu de rencontre en une véritable fête, vu l’ambiance et les cris intempestifs  qui y régnaient.
Les jeunes de Mayange n’avaient pas resté immobilisés, eux aussi ont dansé avec  les journalistes en attendant le début de la conférence-débat dans la beauté…
La venue du Maire du district de Bugesera,  Nsanzumuhire Emmanuel à Mayange, a donné une valeur ajoutée  à la conférence-débat,  parce que la population s’attendait à lui pour répondre à ses questions. Cela a été témoigné par un applaudissement et des cris des femmes en termes de joie et importance qu’il a donnée à l’événement.
Comme elle savait d’ores et déjà l’objectif de la conférence-débat, la même population a salué la participation du représentant de la commission nationale électorale (NEC) dans la Province de l’Est, Kayiranga Rwigamba Frank qui était avec son équipe œuvrant dans le district de Bugesera  dont Umutoni Eliane qui représente NEC dans le district de Bugesera.
L’autre moment fort,  a été la présentation du célèbre journaliste de la radio Izuba, Titien Mbangukira qui devrait diriger ladite conférence-débat. Ce journaliste de grande notoriété dans la province de l’Est, a encore une fois, permis à la population de garder son moral haut, avec tout espoir de voir tous ses problèmes en rapport avec les listes électorales, les cartes d’identité et autres, bien résolus sur-le-champ, par le  Maire de Bugesera, et le représentant de  NEC dans la Province de l’Est.
La population ne s’est pas rendu compte de la façon dont le journaliste Titien Mbangukira est entré dans le vif du sujet de la conférence-débat. Cet homme de la maïeutique socratique, est passé par de petites questions et anecdotes rigolos pour parler des préparatifs  à la présidentielle d’août 2017 et les activités en cours y relatives. Du coup, tout le monde était imprégné, et on voyait directement plusieurs mains levées pour demander la parole.

4. Les grandes interventions

• A l’unisson,  toutes les  personnes qui étaient venues participer à la conférence-débat, ont exprimé leur désir de voter, rien que de voter, car disent-ils, depuis 2003, elles en ont déjà acquis bonne habitude en qualité de bons citoyens. ″Depuis 2003, les élections nous sont familières, elles sont été bien ancrées dans nos habitudes. Nous sommes impatients, la date de la présidentielle est pour nous très lointaine, nous voulons voter, rien qu’élire notre président…″, ont réitéré, à tour de rôle, les intervenants dans la conférence-débat. Ils ont affirmé détenir leurs cartes d’électeurs et d’identité pour voter dans la transparence et dans la sérénité.

• Les jeunes qui ont réalisé l’âge de majorité civile (18 ans), autorisés donc à voter et qui n’ont pas encore leurs cartes d’identité, ont montré leur inquiétude de ne pas paraître sur les listes électorales. Le représentant de NEC dans la Province de l’Est, Kayiranga Rwigamba Frank, leur a dit que ″voter″, est un droit pour tous. ″La  perte et la non possession de la carte d’identité n’empêchera personne à voter.  Les jeunes qui ont réalisé 18 ans devront au préalable, se faire inscrire à l’Agence Nationale d’Identification (National Identification Agence-NIDA) en vue de l’acquisition de la carte d’identité et ensuite, sur les listes électorales. Le jour du scrutin venu, ils pourront voter comme tous les autres citoyens, même s’ils n’auront pas eu leurs cartes d’identité, car ils seront déjà inscrits dans la base de données aussi bien de NIDA que de  NEC.″, a précisé Rwigamba Frank.

• Pendant la conférence-débat, les migrés à l’intérieur du pays (éventuellement pour cause économique) ont haussé le ton, pour le fait qu’ils ne figurent nulle part sur les listes électorales de leurs nouvelles entités administratives. NEC les a invités à se faire inscrire eux aussi sur les listes électorales de leurs nouvelles entités administratives par le biais du téléphone portable.  D’après le représentant  de NEC, Kayiranga Rwigamba Frank, ″Tout a été simplifié. Il n’y a pas de raison à faire la queue devant les bureaux de la commission nationale électorale pour avoir ce service. Il suffit d’avoir un téléphone portable pour faire des corrections en ligne sur les listes électorales″, a-t-il rappelé. Il a mentionné les efforts faits par la commission depuis l’année 2016 pour la révision des listes électorales. ″A présent, la NEC est à sa dernière phase de correction.  Dans le district de Bugesera, 90% d’électeurs sont enregistrés, il ne reste que quelques rares personnes qui traînent encore les pieds qui doivent vérifier leurs noms sur les listes électorales″, a rappelé Umutoni Eliane, agent de NEC dans le district de Bugesera.

• La population a posé la question au Maire de Bugesera concernant l’attitude  qu’elle doit adopter devant les candidats-présidents qui sont à la quête des 600 signatures dans tout le pays (12 signatures dans chaque district administratif)  en vue de jouir de leur droit de se faire élire. Le Maire Nsanzumuhire Emmanuel et le représentant de NEC dans la Province de l’Est,  Kayiranga Rwigamba Frank ont répondu que chaque citoyen en est libre, mais alors qu’il faut penser à un candidat qui serait utile à la nation.

• La conférence-débat a aussi noté un cas exceptionnel d’un enfant né en 1989, et à qui au cours des élections antérieures, les autorités lui avaient refusé son droit de voter pour le fait qu’il est mentionné sur la liste des génocidaires de sa circonscription. L’administration du district de Bugesera a déclaré qu’un enfant de cinq ans ne pouvait pas à priori commettre un tel crime. Le Secrétaire exécutif du secteur administratif de Mayange, Nkurunziza Francis, a affirmé que les personnes qui figurent sur la liste des génocidaires n’ont pas droit de voter.  Pour ce cas, il a indiqué qu’il faudra consulter NIDA pour la vérification du nom du jeune-homme sur la liste des génocidaires. Si son nom y figure, on passera à la vérification du fait accusé et s’il n’y figure pas on demandera à NEC de lui faire une carte d’électeur.
• Les autorités ont apprécié le nombre élevé de personnes venues pour participer à la conférence-débat. ″La venue d’un grand monde pour  participer à la conférence-débat, témoigne de la façon dont la population du district de Bugesera répondra en masse à la séance électorale de la présidentielle d’août 2017 ».  ″ La population est prête, elle a les pulsions et la hâte de voter″, a remarqué le Maire Nzanzumuhire Emmanuel.
• ″Je loue l’IPGL et le RCRN qui nous ont aidé à informer la population sur ses droits et devoirs pour le bon déroulement de la présidentielle d’août 2017 ″, ont successivement salué, le Maire du district de Bugesera Nsanzumuhire Emmanuel et Kayiranga Rwigamba Frank, représentant de  NEC en Province de l’Est.
5. Recommandations
Les participants à la conférence-débat ont convenu de :
 Continuer à se faire inscrire sur les listes électorales ;
 Collecter toutes les cartes d’identité perdues dans tous les coins du pays afin qu’elles soient renvoyées dans les circonscriptions d’origine  des titulaires et ainsi, leur permettre à voter sans difficulté ;
 Les citoyens qui ont perdu leurs cartes d’identité et les jeunes âgés de 18 ans (âge de majorité civile au Rwanda) qui n’auront pas encore eu leurs cartes d’identité, auront le droit de vote, car ils seront déjà connus  et inscrits dans la base de données de NEC ;
 Il est facultatif de signer pour un candidat à la présidentielle 2017 ;
 La population sera matinale et nombreuse aux bureaux de vote (jour du scrutin) ;
 Les migrés à l’intérieur du pays doivent se faire inscrire sur les listes électorales de leurs  nouvelles entités administratives afin de leur permettre à vote.
 Le district de Bugesera en collaboration avec NEC et NIDA ont été invités à apporter une réponse satisfaisante à l’enfant accusé de génocidaire afin qu’il jouisse de son droit de voter.

6. Conclusion
Les officiels du district administratif de Bugesera (Mayange) et le représentant de NEC dans la Province de l’Est, ont exprimé leur pleine satisfaction sur le déroulement de la conférence-débat radiodiffusée en synergie sur quatre radios communautaires.
Ils ont attesté que leur grand travail a été reconnu sur toute l’étendue du territoire rwandais  grâce à l’IPGL et le RCRN, les organisateurs.
Le Maire Nzanzumuhire a exprimé le vœu d’avoir encore une telle conférence-débat dans d’autres entités administratives du pays pour informer aux citoyens  de l’agenda électoral au Rwanda dont le jour du scrutin est le 04 août 2017.
Cette conférence-débat est la 9ème  du genre, organisée par l’IPGL en collaboration avec le RCRN.