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26/08/2016

Ce jeudi, 18 Aout 2016, un débat public sur « le rôle des élus locaux dans la lutte contre la prolifération de la drogue dans le District de Gicumbi » a été organisé dans ce district de Gicumbi, secteur de Kaniga, cellule de Mulindi (Ku Mulindi w’Intwari : Mulindi des heros) en province du Nord du Rwanda, avec la collaboration de l’Institut Panos Grands Lacs (IPGL) et le Réseau des Radios Communautaires du Rwanda (RCRN). Ce débat a été diffusé en direct sur les ondes de quatre radios communautaires membres de RCRN : Radio Ishingiro de Gicumbi (province du Nord), Radio Izuba de Ngoma (province de l’Est), Radio Isangano de Karongi (province de l’Ouest), et Radio Huguka de Muhanga (province du Sud).

Animé par les journalistes de la Radio communautaire IShingiro localisée dans le même district de Gicumbi, ce débat qui a duré une heure et trente minutes et a connu une participation massive de plus de deux cents hommes et femmes venus de différentes cellules du secteur de Kaniga, les autorités dont la Vice Maire chargée des affaires sociales, le représentant du secteur de Kaniga ( qui assure l’intérim du Secrétaire Exécutif en congé pour le moment) et les autres personnels de ce secteur, le représentant de la police Nationale,  le représentant de l’organisation Never again et le représentant de Transparency Rwanda  étaient tous présents dans le débat.

Les parties essentielles du débat ont été notamment basées sur les conséquences néfastes de la drogue pour le développement de district de Gicumbi, plus particulièrement pour le secteur de Kaniga qui est zone frontalière de l’Ouganda où certaines drogues comme stupéfiant ( Kanyanga) et autres ne sont pas prohibées contrairement au Rwanda.

La vice maire de District de Gicumbi, Benihirwe Charlotte a salué le bon choix du sujet pour le débat, et a remercié tous ceux qui ont joué un rôle dans l’organisation de cet événement. Elle a dit que dans le District de Gicumbi, et en particulier le secteur de Kaniga le problème de la drogue vient en premier lieu parmi des choses qui causent la pauvreté, les conflits familiaux, les violences faites aux femmes, abondons scolaires de la jeunesse, toutes ces conséquences et autres non citées entravent le développement de district de Gicumbi. Cependant, elle a expliqué qu’il y a certaines stratégies mises en place pour lutter contre la prolifération de la drogue, entre autre le renforcement de la loi qui punit quiconque utilise la drogue, le partage de l’information par la population afin d’accuser celui qui fait le commerce ou utilise la drogue, la création des clubs  de lutte contre la drogue dans les établissements scolaires, réunions de sensibilisation, etc…

Dans les questions posées, les citoyens présents au débat ont accusé certaines autorités locales et les agents de sécurité (les policiers) de faciliter la prolifération de la drogue et n’avoir pas joué leur rôle d’éradiquer la drogue dans le district de Gicumbi comme il faut. Pour répondre à cette question, la vice maire a dit que ces autorités qui facilitent la prolifération de la drogue, agissent en leurs noms et non pas au nom des institutions pour lesquelles ils travaillent, une fois découverts, ils sont trainés devant la justice punis sévèrement, cette réponse a été soutenue par l’idée donnée par le commandant de la police en province du Nord dans le magazine passé lors du débat, réalisé par le journaliste de la radio Ishingiro, c’est la même réponse qu’a donnée ce commandant de la police à cette question qui lui avait été posée.

Le Gouverneur de la province du Nord Bosenibamwe Aimé, qui suivait aussi le débat diffusé en direct à la radio, a appelé au téléphone et a salué l’importance d’avoir organisé un tel débat, il a dit que le problème de la drogue, est un problème dont ’il faut lutter contre avec toute la force et qui que ça soit facilite sa prolifération sera punit comme tout autre citoyen en province du Nord.

Certains citoyens présents dans le débat ont donné des témoignages, sur les conséquences de la drogue dans leur famille. Pour une femme : « Les stupéfiants ont tué mon père, quand on organise de telles réunions de lutte contre la drogue je suis la première à y participer ».

Un jeune garçon : « j’utilisais des drogues, je n’y ai trouvé aucune importance, plutôt j’ai eu des blessures, vous voyez des cicatrices sur ma face, une bonne chose est que je m’en suis sorti, je ne les utilise plus » 

Dans son allocution, le représentant de Never again a dit que ce débat était très important, et ajouta que l’organisation qu’il représente ne tolère aucune chose qui serait en cause des conflits, violences et autres conséquences néfastes au sein de la société Rwandaise,  raison pour laquelle il demande le partenariat avec les organisateurs de ce débat pour que son organisation soit aussi impliqué.

La population présente au débat a soulevé un autre problème d’un groupe surnommé « Abarembetsi », c’est l’équipe de gens qui marchent souvent ensemble et qui pratiquent clandestinement le commerce de la drogue. Et quand quelqu’un les accuse, il est tabassé au point d’être même tué. Alors la population demande l’aide des autorités locales. La Vice Maire de District de Gicumbi a dit qu’elle était au courant de ce groupe d’ « Abarembetsi », elle rassura la population que les autorités locales, ceux œuvrant au sein de District, ceux basés au sein des secteurs, aux cellules et aux villages (Imidugudu) ne ménageront aucun effort dans la lutte contre la drogue au sein du district de Gicumbi. Toute personne que ça soit « Abarembetsi » ou autre ayant la complicité dans la prolifération de la drogue sera punit.

Et pour clore ce débat, la vice maire de District a vivement remercié les organisateurs et a demandé que de tels débats soient organisés dans d’autres secteurs de District de Gicumbi, surtout dans ceux qui se trouvent à la frontière avec l’Ouganda.

Ce débat public a été organisé dans le cadre du projet « Elections, médias, société civile et démocratie au Rwanda » (ELMS), avec le financement de la Commission Européenne au Rwanda.

Le débat de Gicumbi, organisé dans un lieu public, rentre dans le cadre du cycle des débats qui seront organisés à travers tout le pays associant société civile, médias et autorités autour de différents thèmes choisis selon les problèmes locaux. Le projet ELMS vise l’éducation civique et électorale de la population rwandaise pour l’amélioration de la participation citoyenne au processus électoral, à travers les médias, en particulier les radios communautaires.



[1] Ku Mulindiw’intwari : lieu touristique où se trouvait le bureau du président Paul Kagame lors de la guerre de la libération du Rwanda 1990-1994